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Qui êtes vous ? |
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Je suis
Paco Salamander, en réalité Pascal
Pautrot ! Je suis né à Angers dans le Maine et Loire en 1965,
d’un père Angevin et d’une mère Bordelaise. J’aurais pu être
électromécanicien, militaire de carrière, éboueur, agent
d’entretient municipal mais tout ceci ne me satisfaisait pas
alors je suis monté à Paris et j’ai repris le train en marche. |
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Comment et pourquoi êtes-vous venu à la peinture ? |
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C’est une
question compliquée ! Comment parler de sa peinture sans
parler de soi. Il y a encore 2 ans je n’aurais rien dit.
Aujourd’hui c’est différent. Mais la porte peut se refermer
très vite un jour, alors profitons-en maintenant.
Je crois
que j’y suis venu « naturellement ». En fait, j’ai commencé à
dessiner très tôt. Vers 12 ans c’est devenu mon passe temps
favoris comme l’écriture et la lecture. Mais je pense que le
facteur déclenchant fut quand même le décès de mon père.
J’avais
tout juste 10 ans et depuis le jour où il n’est pas venu nous
rejoindre à table, j’ai compris que rien ne serait jamais plus
comme avant. Tout s’est enchaîné très vite dans ma petite tête
comme à l’extérieur aussi. Les déchirures sont venues de
toutes parts, d’où elles font le plus mal à cet âge… les
proches ! La réconciliation est venue beaucoup plus tard mais
elle a bien eu lieu.
La vie m’a
contraint donc à choisir d’autres voix d’expression alors que
je me laissais enfermer peu à peu dans une sorte de déprime,
d’un rejet de la société et de mes semblables parce que je
considérais que nous avions été trahis, mes frères et
moi-même, avant d’avoir pu nous construire. Il a fallu que je
trouve des réponses moi-même, celles de ma mère ne suffisant
pas. Avec le temps le processus s’est amplifié mais j’ai
appris à canaliser ce désespoir et à dissiper des doutes de
plus en plus récurrents avec le temps. A travers la peinture
principalement.
La
peinture c’était un peu comme un miroir dans lequel je
projetais mon imaginaire tandis celui-ci me renvoyait de
« belles » images. Un refuge en quelque sorte. C’était plutôt
rassurant parce que ça ma permis de durer malgré les
épreuves de la vie. Passée une adolescence tumultueuse,
j’ai cessé enfin de chercher des réponses qui n’existaient pas
ou qui me laissaient totalement insatisfait et je me suis dit
qu’il était peut-être temps pour moi de prolonger, au-delà des
37 ans, la vie que mon père avait perdu par fatigue, par
lassitude… ou par égarement.
C’est
finalement grâce à lui que j’ai
trouvé ma voie mais j’en ai pris conscience beaucoup plus
tard. Mon père déjà, depuis qu’il était gamin adorait sculpter
et bricoler. Sa sœur m’a offert un jour, lors de nos
retrouvailles, un caillou qu’il avait sculpté puis peint alors
qu’il avait 12 ans. Des chalets dans la montagne ! Je suppose
qu’il aimait particulièrement se balader au milieu d’un tas de
caillou ou plus généralement dans la nature pour y chercher
l’inspiration. Comme moi-même j’adorais le faire étant petit.
S’isoler paisiblement et se rapprocher de la nature le temps
d’une réflexion, d’une quête… Un besoin naturel de se
ressourcer et de communier avec la terre nourricière. Je
continue de le faire plus que jamais !
Plus tard
il a construit et décoré lui-même une guitare. Il était
professeur de dessin technique au lycée Chevrollier à Angers
les dernières années de sa vie. Mes frères ont ce « don » des
arts graphiques également même s’ils n’en ont pas fait
véritablement leur cheval de bataille. J’ai aussi découvert un
sculpteur animalier très côté il y a quelques années,
Ferdinand Pautrot (1832-1874). Il n’y a peut-être pas de
filiation directe et peu m’importe au fond, mais je me dis
parfois que les Pautrot ont ça dans le sang depuis des
générations. Il est fort probable que nous soyons originaires
de l’ouest de la France en tout cas.
J’ai
maintenant passé quarante ans et j’arrive au terme d’un
processus très long et compliqué avec le sentiment d’avoir
enfin réussi à me dépasser. Maintenant je considère la vie
comme un simple jeu, rien de plus. J’ai appris à me détacher
de tout, mais sans aucune désinvolture ! Je suis extrêmement
passionné et je m’intéresse à beaucoup de choses. Je
redécouvre aussi les autres mais je reste convaincu cependant
que la vie humaine n’est qu’une gigantesque mascarade et que
son véritable secret réside ailleurs. Bien que je sois athée
sur un plan religieux, c’est un sentiment qui nous dépasse
tous au fond. Seulement je refuse de me faire berner depuis la
tendre enfance mais j’y joue quand même le plus sérieusement
du monde !
J’ai passé
tant d’années à me cacher, à me chercher et à courir que je me
suis retrouvé à bout de souffle en 2003. J’ai emmagasiné tant
d’émotions, canalisé tant d’énergies, bonnes et mauvaises, que
je n’ai pour ainsi dire plus d’efforts à fournir pour les
exprimer au travers de ma peinture. C’est un peu une
renaissance ! |
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Parlez-nous de votre travail. |
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La
peinture est un atout essentiel, un support privilégié et
intemporel. Un témoin à qui l’on passe le relais. Un pont
entre la conscience et l’inconscience. Pour qui ? Pour quoi ?
Peu importe car ce sont les actes qui comptent. La peinture me
rassure et me libère !
Je tente
d’y introduire de nouveaux concepts, tout à fait personnels,
mais je n’ai pas la prétention de vouloir inventer quoi que ce
soit. Elle reflète certains aspects de ma personnalité c’est
un fait. Mes tracasseries ou mes joies, rien de plus. La
peinture est un filtre indispensable à ma mélancolie immuable
et exacerbée parfois. Je ne ressens pas l’envie de peindre des
paysages ou des nus classiques s’ils ne sont pas
l’aboutissement d’un processus conflictuel avec moi-même. La
peinture me sert avant tout de thérapie. Elle me permet de
m’analyser tel que je suis au fil du temps, en profondeur !
Elle me libère de mes démons et de mes doutes. Parfois elle
m’emmène vers des représentations complètement naïves parce
que je ressens à un instant précis un bien-être de gosse.
Alors je vais peindre une fleur simplement, sans fioritures.
Sans même savoir si les règles édictées par des courants
académiques ou philosophiques s’appliquent résolument à mon
travail. |
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Je me
refuse à toute classification idéologique ou intellectuelle.
Je préfère penser que mon art est chaotique et convulsif au
même titre que la vie elle-même c’est tout. Maintenant le fait
d’être classé dans un tiroir plutôt que dans un autre ne me
fait ni chaud ni froid pourvu que chacun s’y retrouve. Je
pratique un art primaire ! Je suis probablement influencé ou
inspiré par d’autres peintres et d’autres visions mais ça fait
naturellement parti de l’apprentissage et c’est aussi une
manière d’avancer.
Ma
peinture est une démarche totalement intime et personnelle. Je
la compare souvent à la cuisine. J’adore manipuler la matière,
la reconditionner ou la recycler. Je joue avec les reliefs,
les ombres, les lumières, le sens olfactif et surtout tactile.
Parfois même la gravité ou les conditions atmosphériques. Je
me considère plus comme un plasticien que comme un peintre en
fait. Mais le but est de créer des images qui me ressemblent
et qui ME parlent de moi. C’est une façon comme une autre de
se dissimuler sans en avoir l’air non ? Quand je peins, le
monde peut s’entredéchirer, je ne lèverais même pas les yeux
avant d’avoir accompli ma tâche. C’est mon côté revanchard
face à la mort je crois. |
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Je
conserve également ce côté ludique acquis depuis 13 ans dans
les jeux vidéo et les produits ludoéducatifs développés chez
Coktel-Vision. Une période
essentielle qui m’a permis de côtoyer des créatifs de tous
horizons et m’a poussé à devenir de plus en plus autodidacte
dans bien des domaines. Ca m’a coûté cher sur le plan de la
santé mais je n’ai aucun regret aujourd’hui. La vie parisienne
m’a beaucoup pesé moralement entre 1986 et 2003, tiraillé dans
de multiples directions, mais elle fut une période riche et
intense même si j’estime ne plus devoir y retourner maintenant
que la page est tournée.
Ma liberté
de peindre est totale et sans friction (pour le moment !). Ce
travail, comme je l’ai dit précédemment, je le fais d’abord
pour moi. Même si je ne parviens pas toujours à me
l’approprier par la suite, je veux qu’il soit foudroyant. Pas
de considération technique ou intellectuelle. Aucun frein
culturel ou religieux mais énormément de compassion et de
désolation une fois que j’ai « accouché ». Etre simplement un
vecteur qui transmet, sans la dénaturer, une onde de choc dans
une direction parfaitement définie à l’avance mais sans savoir
si elle atteindra même un but. Un exutoire en somme… qui fait
un bien fou à l’âme !
Comme tout
être pensant ici bas je me pose chaque jour un tas de
questions existentielles. Le monde qui s’essouffle, la nature
humaine qui régresse proportionnellement à son taux de
croissance. Anatole France disait très justement « Il est dans
la nature humaine de penser sagement et d’agir d’une façon
absurde ». On le vérifie chaque jour ! Et j’y contribue
fatalement.
Il existe
pourtant des solutions simples à tous les maux mais nous ne
les appliquons pas pour des raisons politico-économiques et
religieuses. C’est absurde mais c’est comme ça que le monde
tourne depuis des lustres. Les occasions de hurler contre la
tyrannie, l’intolérance, le racisme, le mépris, l’ignorance,
la facilité et j’en passe… alimentent « naturellement » mon
travail. C’est un choix délibéré mais je ne fais pas que cela
heureusement car c’est éprouvant à la longue.
Peindre de
belles choses ? Lesquelles n’ont pas été déjà peintes ?
Peindre ce qui m’environne ? Je ne me pose même pas ces
questions. Pas plus je crois que l’homme des cavernes dont la
tâche essentielle était d’exprimer des sentiments ou des
visions intérieures au-delà de la simple représentation, pour
les partager de fait avec ses semblables. Pour exorciser
peut-être ses propres démons intérieurs, comme d’autres le
font continuellement à travers la musique, le chant,
l’écriture, … Ils témoignent ! En bien ou en mal, mais ils
témoignent !
Et puis
qu’est-ce que le beau ou le laid dans la peinture ? La
relation entre la beauté et la laideur est intrinsèque dans le
sens ou l’un ne peut avoir de sens sans l’autre. A partir de
là et selon quels critères pouvons-nous juger en toute
impartialité de ce qui est agréable à regarder et de ce qui ne
l’est pas. Ca relève de la perception individuelle, en
fonction de ce qui constitue notre être sur le plan physique
et sur le plan mental. Par rapport à notre environnement
culturel et social et ses influences que nous subissons tous.
Je ne juge pas mon travail en fonction de tels critères même
si je suis imprégné par la société. Si le résultat
m’interpelle j’y adhère, sinon je le réfute sans ménagement
mais toujours avec respect ! L’analyse qu’en feront les autres
m’intéresse au plus haut point bien sûr mais il n’influencera
jamais mes orientations personnelles. |
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Comment voyez-vous l'évolution de votre peinture ? |
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Prolifique dans le sens où j’aimerais pouvoir traduire en
formes ou en images toutes les pensées d’une vie, la
mienne en l’occurrence, avant que celle-ci ne s’achève.
C’est une course contre la montre que je tente vainement
de ralentir au moment où débute véritablement pour moi
cette démarche picturale. Je ne recherche pas la
performance ou bien l’oeuvre ultime qui pourrait me
consacrer « virtuellement ». Je veux simplement m’exprimer
au-delà de toute considération technique et artistique.
Créer
des recettes nouvelles, m’en réapproprier d’autres (sans
le savoir de préférence) et surtout « cuisiner », mettre
la main dans la pâte ! Je prends autant de plaisir à
inventer un plat en associant les ingrédients qui sont à
ma portée, là ou d’autres considèrent qu’il n’y a rien de
nourrissant ou de comestible et je leur démontre le
contraire. Les peintres sont aussi des alchimistes dans
l’âme. Nous devons analyser nos pensés, associer des
idées, goûter avec notre cerveau puis composer et donner
une couleur à l’ensemble afin de le concrétiser.
Le
cycle de la Vie aussi précieux soit-il est un combat
chaotique à l’image de l’univers. A notre échelle
l’activité humaine est si dérisoire et si insignifiante
sur cette petite planète que nous ne pouvons que témoigner
à nos semblables avant l’ultime sursaut, de ce que fut
notre court passage avant le renouvellement naturel et
programmé de notre civilisation. De ce que furent nos
préoccupations ou nos joies en un temps donné. |
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Nous
arrivons à la fin d’un cycle et nous le ressentons tous à
présent. Celui-ci après l’industrialisation et dont
l’aboutissement devait être technologique, atteint ses
limites. Maintenant tout ceci prend des déviances scabreuses
qu’il est utile de corriger. Ca n’est plus de notre ressort,
la civilisation doit l’assimiler et doit changer c’est un fait
et ça prendra le temps qu’il faut.
Ce cycle
nous aura au moins appris une chose essentielle ; c’est que
nous pouvons maintenant communiquer en temps réel avec
n’importe quel autre individu de la planète, avec tous
pourrait-on dire. La conscience collective est naissante et
découvre à peine son potentiel. Il faudra encore beaucoup de
temps avant que celle-ci ne s’éveille car les individus sont
encore en souffrance de ce changement qu’ils sont incapables
d’assimiler à l’heure actuelle. Internet est probablement la
clé qui nous manquait. Mais avant d’être capable d’en prendre
acte, laissons les gens s’amuser quelques temps encore car
c’est par le divertissement que s’exerce le pouvoir. Qui
aurait pu prétendre il y a 20 ans que la notion de virtualité
allait tant bouleverser la perception humaine dans sa
globalité ?
Nos
descendants s’interrogeront et s’inventeront encore et
toujours un passé, une histoire, qu’elle soit glorieuse ou
décadente, peu importe pourvu qu’ils conservent des repaires
bien précis. Mais ils entameront un nouveau voyage avec des
moyens et une force d’action décuplés qu’il est trop tôt
d’envisager pour le moment.
Et nos
créations picturales, les vôtres, leur serviront peut-être de
base d’étude et de réflexion comme tous les arts en général,
sur ce que fut notre mode de pensée individuel, divisé et
souvent mal employé. L’humanité évolue très lentement mais
elle conserve en elle, malgré tout, cette faculté mémorielle
et transmissible de génération en génération qui lui permet de
se transformer, de s’adapter, de s’assagir (contre nature
peut-être), puis d’envisager de nouvelles orientations chaque
fois qu’elle a dépassée un seuil critique et qu’elle se sent
menacée ! C’est en cela que l’Homme évolue, comme il le fait
depuis des millions d’années déjà. En se repositionnant
radicalement ! Individuellement, pour le devenir de tous, bien
au delà de nos petites consciences et dans un très court laps
de temps nous y contribuons. Le subconscient prend le relais
et joue parfaitement bien son rôle en marquant de son
empreinte l’inconscient collectif ! Nous avons, je le répète,
le devoir sinon le besoin de témoigner. Peu importe les moyens
ou les méthodes, chacun y contribue du mieux qu’il le peut et
c’est l’essentiel je crois. C’est ça le véritable sens de la
vie d’artiste je crois.
De façon
plus terre à terre et plus en phase avec notre réalité
quotidienne, j’ai fait le choix de ne pas exposer en public
une partie de ma production qui mettrait en danger nombre
d’institutions. C’est un choix réfléchi. Parce qu’il me
mettrait en danger moi-même et parce qu’il n’est pas de ma
volonté d’interférer sciemment dans le déroulement
d’événements programmés de longue date et sur lesquels je
n’aurais aucune influence quoiqu’il arrive. Je me place en
observateur, j’écoute et surtout j’entends ce qui se dit, mais
je ne juge pas. Je témoigne avec mon ressenti ! Je m’exprime
en tant qu’individu mais je ne délivre aucun message,
simplement des questionnements auxquels tout individu peu
répondre librement à condition de ne pas déclencher des
événements inconsidérés par cupidité, ignorance ou par peur.
Les Hommes sont conditionnés et sont pétris d’influences
souvent néfastes mais si ça les rassure ils sont prêts à tout
accepter dans l’adversité. L’ignorance, la solitude,
l’inconnu, toutes ces peurs ancestrales dont beaucoup savent
tirer profit de quelque manière que ce soit alors qu’elles
sont légitimes et font parties de tout être conscient.
La
peinture me rend heureux, elle me surprend parfois, elle m’use
aussi mais j’en ai besoin pour vivre simplement et m’épanouir
sur un plan individuel et émotionnel. Elle me réconcilie avec
la vie maintenant ! Rester humble quoi qu’il arrive, le reste
n’est que de la poudre aux yeux même si c’est nécessaire
parfois pour avancer. |
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Quels sont vos
projets ? |
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Mes projets ?
Ils sont trop nombreux mais j’en ai. Je monte une agence de
communication et de production multimédia dont l’axe essentiel est
la mise en place d’une régie « publicitaire » de proximité.
C'est-à-dire qu’elle s’adresse principalement aux commerçants, aux
artisans et aux professions libérales. A travers la création de
clips personnalisés notamment, mettre en avant les compétences et
les savoir faire de chacun au lieu d’être imposés systématiquement
par des fournisseurs et des industriels dont l’unique soucis est
d’implanter des « miroirs aux alouettes » en distillant des
campagnes publicitaires axées uniquement sur les produits qu’ils
fournissent sans aucun soucis de préservation. Ca me paraît être
un repositionnement utile et nécessaire pour des gens dont la
valeur ajoutée et le savoir faire sont souvent ignoré des clients
ou des consommateurs. Recréer des liens de proximité
paradoxalement oubliés à cause de la grande distribution.
Sur un plan
matériel et pratique, continuer à produire le plus longtemps
possible mais pouvoir m’en défaire régulièrement afin de ne pas
engranger de stock faute de place. Ne pas connaître la célébrité
qui me contraindrait à faire n’importe quoi en ayant à subir des
influences extérieures incontrôlables qui me précipiteraient
fatalement et de manière insidieuse vers une certaine forme de
dissolution. Mais ceci est une autre histoire… qu’il me plait
d’ignorer pour le moment. |
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Quand à la
peinture, je veux surtout apprendre et puis aussi transmettre
mon savoir, si infime soit-il. Ne plus me laisser vampiriser !
Aider les autres à développer leur sens créatif au lieu de les
laisser patauger dans l’ignorance et la perplexité au service
d’une minorité dominante. Ne plus les laisser dans la
contemplation passive mais leur donner le goût d’être actifs
et participatifs au lieu d’attendre qu’on les nourrisse
inlassablement. Que chacun puisse utiliser maintenant les
outils qui sont à leur portée pour produire au lieu de
consommer inconsidérément en prétextant faussement qu’ils sont
incompétents en la matière, par un manque évident de volonté
habillement induit et faussement dissimulé. Que chacun
apprenne à devenir autonome et autodidacte en somme. Ce qui
n’entrave en rien l’échange ou le commerce. Ca le rend plus
équitable !
Sur un
plan philosophique, que chaque homme et que chaque femme sur
terre puissent dépasser ses limites en faisant fi de tous les
carcans existentiels afin d’y trouver une place valorisante à
leurs yeux. Atteindre un jour la satisfaction d’une vie
utilement remplie et n’avoir aucun regret. Tisser la toile et
faire en sorte que chacun puisse en bénéficier.
Sur un
plan plus prosaïque ; que les hommes ne soient plus des loups
envers leurs prochains, que les plus démunis conservent leur
fierté et qu’on les respecte enfin en leur donnant les moyens
de s’instruire à part égale… Que l’humanité continue de
croître en conscience et non plus en nombre de manière
désinvolte. De façon désordonnée et anarchique simplement pour
des considérations économiques, charnelles et archaïques.
Alors nous aurons acquis durablement la maîtrise énergétique
de façon cohérente. Ainsi l’Humain grandira !
Et
j’aurais peut-être un peu plus d’estime artistique pour mes
semblables…
Un câlin à
ma femme, à mon chat et je retourne à mes pinceaux ! La Terre
continue de tourner inlassablement, projetée vers sa destinée…
J’aurais tout le temps pour pleurer, demain.
Artiste,
si petit que tu sois, continue d’abolir le temps et conserve
la foi. C’est le fruit de la jouissance éternelle. |
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| Site de
l'artiste :
http://pacosalamander.free.fr |
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