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INTERVIEW Eve GENRE -  Créatrice et organisatrice du SIAC

 

 

 

Bonjour Ève GENRE,

 

 

 

 

 

L'ADP est cette année encore partenaire du SIAC et à cette occasion nous souhaitions faire connaître votre salon à nos membres autrement que par nos reportages effectués pendant le salon.

 

 

 

 

Dans ces derniers, nous présentons le déroulement du SIAC mais à travers cette interview, nous voulons également mettre en avant l'organisation et "l'avant salon" car le SIAC n'est pas seulement 4 jours d'exposition, c'est un énorme travail en amont et en aval.

 

 

 

 

 

 

 

1 - Les peintres qui exposent au SIAC et les membres de notre site vous connaissent comme la créatrice et l'organisatrice du SIAC mais pourriez-vous nous en dire un peu plus ? Qui est Ève GENRE ?

 

 

Agée de 50 ans, je suis totalement autodidacte dans le domaine artistique. Mes premiers tableaux à l’huile, je les ai réalisés à l’âge de 13 ans. Je voulais faire les Beaux-Arts mais mes parents n’étaient pas d’accord. Ce n’était pas un métier à l’époque. Il fallait que je passe mon bac. Après des études supérieures dans le domaine de l’organisation et gestion administrative des entreprises, j’ai été Assistante de Direction dans un cabinet juridique. Je continuais toujours à peindre pour mon plaisir et participais à quelques expositions dans les Bouches-du-Rhône. Les circonstances de la vie ont fait que j’ai démissionné à 39 ans de mon poste pour fonder ma galerie dans le cadre d’une association loi 1901 et créer en 2001, le Salon International de l’Art Contemporain, plus connu par les artistes sous la dénomination du SIAC.

 

 

 

 

 

 

 

2 - Pourriez-vous nous faire part de la genèse du salon, de la création à cette neuvième édition ?

 

 

 

 

Le SIAC est né de la rencontre amicale, en 1999, de 3 personnes : un artiste peintre, que vous connaissez, B.BRICE qui est membre d’ADP, un sculpteur et moi-même. Ces 2 artistes professionnels demeurant dans la région P.A.C.A. s’étonnaient qu’aucun Salon d’importance ne fût consacré à l’art d’aujourd’hui dans la région marseillaise. Contraints de se déplacer à Paris ou à l’étranger, les artistes ne disposaient d’aucune grande tribune pour aller au-devant du public méditerranéen. Connaissant ma rigueur dans le travail et l’amour de l’art en général, ils m’ont encouragée et stimulée dans ce projet.

 

 

 

J’ai voulu, dès le départ, organiser un salon réservé exclusivement aux artistes et non aux galeries. J’apprécie avant tout le contact des artistes que je n’ai pu être moi-même.

 

 

 

 

3 - Selon vous, pourquoi il n'existe pas d'autres salons comme le vôtre dans le sud ?

 

 

 

 

 

Grande question ! Il faut être avant tout, passionnée et un peu « folle » pour se lancer dans une telle aventure. C’est un travail immense pour mener à bien ce projet et surtout, le pérenniser.

 

 

 

 

 

 

 

4 - Vous êtes l'organisatrice mais nous supposons que c'est toute une équipe qui travaille à la réalisation du salon ? Combien de personnes travaillent avec vous ?

 

   

Et bien non ! Je suis toute seule pour gérer cette manifestation.

 

C’est vrai que depuis quelques années, 2 artistes, qui font le SIAC, ont proposés de m’aider compte tenu de leurs compétences et je dois reconnaître qu’ils me soulagent bien.

 

Une artiste peintre trilingue pour me traduire les mails et courriers des exposants étrangers et y répondre. Je suis malheureusement «réfractaire» à la langue anglaise. Un sculpteur, qui avait sa propre agence de communication et qui depuis sa retraite, me fait profiter de son expérience et de ses relations (négociation des tarifs, choix des réseaux d’affichage…).

 

 
 
 
 
 
   

5 - Peut-on dire qu'un salon de cette envergure est facile à mettre en place ?

 

 

 

Oh non ! Pas du tout. Les artistes ne se rendent pas toujours bien compte du temps et du travail passé. Beaucoup de travail administratif et de contraintes que les exposants ignorent.

 

 

 

 

 

 

 

6 - Combien de temps faut-il pour préparer une édition du SIAC et quelles sont les différentes tâches à accomplir ?

 

 

 

 

Une année complète. Je vais prendre l’exemple du SIAC 2008/2009.

 

 

 

 

 

MARS/AVRIL

 

 

 

Le salon se termine le 10 mars 2008. Sans parler de la trésorerie/gestion, je dois compter :

 

Les bons de sortie des œuvres achetées durant le salon : par jour et par tranche de prix ainsi que la situation géographique des acheteurs, les invitations et les tickets d’entrée par jour, afin de réaliser les statistiques en pourcentage par rapport au salon 2007. Je dois dépouiller les questionnaires de satisfaction remis à chaque exposant et en effectuer l’analyse en terme de pourcentage. L’ensemble est adressé individuellement par mail ou par courrier.

 

 

 

MAI/JUIN

 

 

 

Commence maintenant le travail proprement dit du SIAC 2009 (la réservation du hall 1 du Parc Chanot étant faite depuis 2007). Prendre contact avec le graphiste et lui donner les éléments et les directives pour la nouvelle plaquette + règlement + bulletin d’inscription. Faire réaliser les modifications (je suis rarement satisfaite du premier projet), assurer la vérification et le bon à tirer chez le graphiste et transmission chez l’imprimeur. A la livraison, mettre sous plis près de 2 800 exemplaires à adresser aux artistes français et étrangers.

 

 

 

JUILLET

 

 

 

Procéder à l’envoi en nombre. La réalisation technique + impressions + envois postaux ont un coût non négligeable mais je préfère de loin, cette façon de travailler plutôt qu’un envoi-mailing qui n’entraîne aucun frais. Les artistes sont tellement contactés par mail par des organisateurs de salon qu’ils en sont saturés. Un dossier papier est je pense, une marque d’attention vis-à-vis des exposants sollicités. Ils devraient d’ailleurs, en être conscients avant de choisir de participer à telle ou telle manifestation.

 

Faire travailler le graphiste sur les différents outils de communication (invitations, flyers, affiches…) afin que les projets me soient présentés dès septembre.

 

Choisir les réseaux et dates d’affichages de 4 x 3 et les abribus afin que je sois en première position lors de l’ouverture des calendriers début septembre.

 

 

 

SEPTEMBRE/OCTOBRE

 

 

 

Renouveler les demandes de partenariat (dossiers à monter, rendez-vous…)

 

Travailler avec le graphiste sur les visuels soumis, positionner les logos des partenaires à réception de leurs accords, demander les devis aux imprimeurs…

 

Confirmer les achats d’espaces d’affichage.

 

Rédiger les communiqués de presse.

 

 

 

NOVEMBRE

 

 

 

Adresser les communiqués de presse à certains magazines.

 

Adresser les visuels aux partenaires et demander les BAT avec corrections éventuelles, relances...

 

Préparer le plan d’installation des stands sur papier en tenant compte si possible, des desiderata de chacun : même emplacement que les années précédentes, à côté des « copains-copines », en angle pour les sculpteurs, des stands spécifiques… et des obligations liées à la sécurité, travail très long et minutieux qui prend près de 3 semaines, car il y a toujours, en cours de route, des désistements qui obligent à repositionner les stands. Je préfère monter moi-même le plan plutôt que de le laisser faire par le graphiste car je connais personnellement les désirs de chacun.

 

Faire les demandes auprès de la municipalité pour le prêt de plantes vertes, cordons de cérémonie, estrade pour les discours des élus…

 

Prendre contact avec les hôtels pour négocier les tarifs des exposants.

 

Prendre contact avec le restaurateur pour réservation du restaurant, menu à choisir…

 

Lancer l’impression des cartons d’invitation + flyer.

 
   

DECEMBRE

 
   

Adresser le plan provisoire du salon au graphiste du standiste pour mise au propre.

 

Déterminer les achats d’espaces/spots publicitaires auprès des radios et rédiger le texte d’annonce.

 

Demander à la municipalité la mise en place de flèches de signalisation.

 

Commencer l’élaboration du dossier presse, du guide de l’exposant, des lettres d’invitation à l’inauguration officielle des élus, du corps consulaire…

 
   

DE SEPTEMBRE A DECEMBRE

 
   

Réunir régulièrement le Comité de Sélection pour procéder à l’étude des dossiers reçus et en assurer la gestion. Très lourd travail car chaque exposant retenu choisit une surface différente, une couleur des tissus différente, un plafond tendu ou non, des spots supplémentaires, du mobilier, un coffret électrique…

 

Adresser soit les lettres de refus soit d’admission aux artistes accompagnées de différents documents (mesures de sécurité à observer sur le salon, imprimé d’ordre d’insertion dans le catalogue).

 

Adresser aux exposants le mailing sur les hôtels avec prestations et tarifs négociés, la participation aux différents R.V. (apéritif d’ouverture/clôture, dîner au restaurant).

 

Répertorier les sculpteurs qui souhaitent présenter des pièces monumentales sur le parvis.

 

Effectuer les relances pour les différents documents non réceptionnés dans les délais demandés.

 

Transmettre régulièrement les éléments des artistes au webmaster.

 
   

JANVIER

 
   

Lancer l’impression des affiches 4 x 3, 120 x 180, 40 x 60.

 

Adresser les lettres d’invitation à l’inauguration officielle des élus…

 

Faire travailler le graphiste sur le bardage du Hall 1, sur l’écran digital, sur le catalogue.

 

Arrêter le plan du salon.

 

Adresser le dossier réglementaire au Commissaire chargé de la sécurité pour présentation en Préfecture des Bouches-du-Rhône.

 

Faire enregistrer le texte d’annonce sur les radios par un studio d’enregistrement, choix de la musique, des voix.

 

Etablir les devis pour la Sté de gardiennage, la sécurité, le traiteur pour l’apéritif d’ouverture.

 

Livraison des invitations et flyers.

 

Plusieurs réunions avec le standiste pour la conception du salon (cloisons, tissus, moquette, éclairage, mobilier…)

 

Divers référencements internet (je suis aidée là aussi, par une artiste).

 
   

FEVRIER

 
   

Réunions avec la SAFIM (qui gère le hall 1) et le standiste pour arrêter le montage du salon avec les différents intervenants.

 

Livraison des affiches 40 x 60.

 
Envoi aux exposants des derniers éléments (plan, n° de stand, invitations, guide de l’exposant…).  

Commande chez le traiteur et le restaurateur.

 

Envoi des dossiers presse, communiqués de presse, flyers aux hôtels, offices du tourisme.

 

Etablissement des badges d’exposants, des factures…

 

 

 

   

Voilà, sommairement, le travail demandé pour l’organisation du SIAC… et il y a encore bien d’autres tâches que je ne peux toutes énumérées ici !

 
   
   

 

7 - C'est la neuvième édition, peut-on dire que c'est plus facile pour vous maintenant ?

   
 

Non, c’est toujours autant de travail. Il faut avant tout, être méthodique et très organisé de manière à gérer au mieux, les impondérables et les aléas qui peuvent toujours se présenter.

   
   
 

8 - Au début, a t-il été facile de convaincre vos partenaires de vous suivre dans cette aventure ?

   
 
   

Ce serait tellement long à expliquer le début des contacts de chaque partenaire ! Certains m’ont suivi dès le début : le magazine UNIVERS DES ARTS, la Société RICARD et l’Ecole Internationale TUNON. Le Sénateur-Maire de mon Secteur, Monsieur Bruno GILLES, qui a mis son service « Fêtes et Manifestations » à ma disposition pour gérer les demandes de prêt de matériel à la mairie centrale, assurer la livraison et la reprise du matériel… D’autres, des radios par exemple qui étaient présentes à la première édition, qui ne se sont pas assez impliquées dans le suivi, d’autres magazines d’art aussi… certains qui n’ont pas respectés les engagements pris… et dont je n’ai pas souhaité le renouvellement.

 
   
   

9 - Si vous deviez recommencer, que changeriez-vous ?

 
   

Rien.

 
   
   

10 - Les artistes participant aux SIAC sont sélectionnés par un comité de sélection, combien de personnes composent celui-ci ? Et qui sont les personnes qui le composent ? Des artistes, des professionnels de l'art... ?

 
   

Nous sommes 5 personnes : un artiste diplômé des Beaux Arts et du CAPES d’Arts appliqués, un sculpteur, un Professeur d’Arts Plastiques dans l’Education Nationale, une Directrice d’Atelier de Peintures et moi-même. Nous nous réunissons à la galerie mais le plus souvent, chez la Directrice d’Atelier de Peintures, le soir, autour d’un verre et de pizzas ! Ces personnes sont toutes bénévoles et préfèrent rester anonymes pour éviter toutes polémiques avec les artistes refusés… j’assume seule les appels téléphoniques désagréables !

 

Il est très difficile de réunir tout le monde en même temps mais nous sommes toujours au minimum 3. Dans le doute, nous laissons le dossier en attente de la prochaine réunion des membres au complet mais la décision initiale s’est toujours vue confirmée.

 
   
   

11 - Quels sont les critères de sélection ? Et sont-ils les mêmes tous les ans ?

   

Les décisions sont prises à la majorité et il ne nous est jamais arrivé d’avoir des avis totalement opposés. Les décisions la plupart du temps, sont rapides. En quelques photos, nous arrivons à nous faire une idée sur la qualité du travail : oui ou non de suite. Pour certains, nous discutons plus longuement, chacun donnant son point de vue ou mettant en exergue les points faibles ou forts du travail que d’autres n’avaient peut être pas remarqués à la première lecture.

 

Nous nous attachons à une certaine cohérence dans le travail proposé. Il ne s’agit pas à l’artiste de nous soumettre un « catalogue » exhaustif de ses créations mais bien de montrer ce qu’il a l’intention de présenter sur le SIAC. Les photos sont censées mettre en évidence ce que l’artiste a de meilleurs. L’inégalité de la qualité des œuvres sélectionnées ne poussera donc pas le jury à donner un avis favorable. Par contre, une thématique suivie, avec un même élan, semble induire que le stand sera cohérent et harmonieux.

 

Nous acceptons toutes les techniques : huile, acrylique, aquarelle, dessin, pastel, collage, techniques mixtes… et tous les matériaux pour les sculptures : terre, résine, marbre, pierre, bois, fer, matériaux composites ou de récupérations…

 

Toutes les tendances : figuration, figuration libre, abstraction, symbolisme, art brut ou singulier… La sélection est plus rigoureuse chaque année car la clientèle est de plus en plus exigeante. Certains visiteurs se plaignaient par exemple, de trop d’œuvres figuratives « provençales » et donc, depuis 2 ans, sans remettre en cause la qualité du travail, les artistes ne sont pas retenus. D’ailleurs, les ventes ne suivant pas, les exposants se sont éliminés d’eux-mêmes mais il reste quand même quelques artistes car ce type de travail ne peut absolument pas être banni du SIAC.

 

Il m’arrive aussi de téléphoner à l’artiste pour discuter de son dossier : telle série nous semble intéressante, une autre moins. Telle création a été retenue, une autre pas. Nous arrivons toujours à nous entendre et il suit le point de vue du Jury.

 

La participation à une ou plusieurs éditions du SIAC n’entraîne pas une admission automatique par le Comité de Sélection pour l’année suivante et inversement.

 

Sont totalement exclus du salon l’artisanat d’art : miroir, vase, plâtrerie diverse, bijoux… Dans tous les cas, la surface du stand n’est pas une raison d’acceptation : nous avons refusé cette année, une artiste étrangère qui s’était inscrite pour 36 m2.

 

Enfin, la présentation du stand sera un des critères pris en considération pour le renouvellement les années suivantes. Le Comité de Sélection passe sur le salon – incognito – et relève éventuellement les erreurs commises dans leur décision car nous jugeons toujours sur photos !

 
   
   

12 - En terme de stress, quelle est la période que vous redoutez le plus ?

 
   

Décembre/janvier. Il faut « boucler » le salon et c’est toujours une période de doute : est-ce que j’aurais suffisamment d’exposants ? Peut-être que nous aurions dû accepter tels ou tels artistes… Janvier-février. Il faut composer et imprimer le catalogue du salon. Il ne peut se réaliser tant que la totalité des stands n’a pas été attribué car les exposants sont classés par ordre alphabétique. Je suis toujours très tendue par crainte de ne pas avoir les catalogues à temps.

 
   
   

13 - Pensez-vous qu'il y a des risques de "rater" ce type de salon ?

 
   

Il ne faut surtout pas « se rater » la première année : les mauvaises langues donnaient maximum 3 ans de vie au SIAC et j’en suis à 9 ! Il faut sans cesse se remettre en question, être à l’écoute des artistes et des visiteurs.

 
   

2 critères qu’ils ne faut absolument pas négliger :

 
   

1°) La sélection rigoureuse des exposants même si humainement, il est toujours difficile de refuser un artiste qui a participé à des précédentes éditions et que des contacts amicaux se sont tissés. Il serait tellement plus facile de dire « oui » et d’encaisser les chèques…

 

2°) La publicité faite pour annoncer le salon. Pour faire venir des visiteurs et donc, des acheteurs potentiels, il n’y a pas de secret : il faut communiquer le plus largement possible.

 
   
   

14 - Votre salon a bonne réputation et il est apprécié aussi bien des artistes qui y exposent que par les visiteurs, à votre avis pourquoi ?

 
   

Entre autre pour les raisons évoquées plus haut : être à l’écoute et se remettre en question.

 
   

Pour les exposants : une sélection rigoureuse et « réelle ». Etre toujours disponible pour répondre aux demandes et essayer de les satisfaire au mieux. Des prestations proposées et tenues : choix des couleurs dans les tissus habillant les cloisons, moquette dans les allées et les stands, éclairage correct. Des petits plus qui font que tous les artistes sont détendus pour préparer leur salon : envois d’une liste d’hôtels avec tarifs négociés et plan guide de Marseille pour les nouveaux / plan du salon, n° de stand et invitations expédiés dans les délais / « guide de l’exposant » où ils pourront trouver toutes les réponses à leurs questions / réserves communes sur le SIAC pour entreposer leurs emballages / parking in situ avec une carte pass / Espace VIP avec apéritif offert à midi et le soir / apéritif d’ouverture - clôture privé offert à tous / organisation d’un dîner en commun dans un restaurant réservé pour l’occasion / Prix du Public avec 6 m2 offerts au lauréat / questionnaire de satisfaction distribué à tous les exposants…

 
   

Pour les visiteurs : 7 hôtesses pour les accueillir et les renseigner / vestiaire gratuit / Espace enfants gratuit qui accueille les enfants de 4 à 10 ans et permettra aux parents de rencontrer les artistes sans contrainte / 1 catalogue du SIAC offert à tous les visiteurs réglant une entrée / participation des visiteurs au Prix du Public

 
   

Pour les deux : espace brasserie/restauration avec tarif préférentiel pour les artistes.

 
   
   

15 - Le budget communication est votre deuxième poste en matière de budget : comptez-vous l'accroître encore ?

 
   

C’est un poste de dépenses qu’il ne faut surtout pas négliger et qu’il convient toujours d’augmenter.

 

En 2008, au dépouillement d’un sondage effectué par les hôtesses aux visiteurs qui réglaient une entrée afin de savoir comment ils avaient eu connaissance du SIAC, approximativement, 60 % concernait l’affichage, 30 % les radios/télés et 10 % était partagé entre la presse, internet, le bouche à oreille… Il est indéniable que la presse quotidienne régionale a perdu de son efficacité en matière de communication.

 

Donc, en 2009, suppression des encarts publicitaires dans la presse locale (nous verrons si les journalistes jouent le jeu) et augmentation des achats de spots publicitaires sur la radio partenaire et surtout, du réseau des affiches de 4 x 3 et abribus.

 
   
   

16 - Peut-on dire qu'un salon comme celui-ci est lucratif ?

 
   

Il ne faut surtout pas s’imaginer gagner de l’argent dès le départ, bien au contraire. Il faut avoir un peu de trésorerie personnelle pour pouvoir régler les factures.

 

On peut effectivement gagner plus d’argent en faisant abstraction de dépenses qui ne sont pas indispensables pour certains organisateurs mais qui sur le SIAC et pour moi, contribuent au bien-être des exposants/visiteurs : ne pas faire installer une allée de plus de 100 m moquettée de rouge sur le parvis à l’entrée du SIAC et oublier une dizaine de plots avec les drapeaux des différentes nations représentées, espace restauration réduit au plus strict minimum, suppression de l’espace VIP, du vestiaire et de l’espace enfants, ne pas organiser de cocktail d’ouverture/fermeture pour les artistes, ne pas prévoir le Prix du Public, ne pas donner un catalogue à chaque visiteur réglant une entrée mais le proposer uniquement à la vente, faire abstraction des hôtesses, réduire au minimum le chauffage… et surtout, limiter la campagne de communication du salon.

 

En bien y réfléchissant, je pourrais faire beaucoup d’économies !

 
   
   

17 - En matière de vente pour les artistes, qu'en est-il ?

 

   

Comme dans toutes les manifestations, des artistes vendent très bien, d’autres peu et d’autres pas du tout. Sur le guide de l’exposant, je donne quelques conseils aux artistes pour les aider. Mon rôle est de faire venir un maximum de visiteurs afin d’augmenter la possibilité d’acquéreurs potentiels.

 

D’ailleurs, l’entrée du SIAC étant payante, cela permet de cibler un public intéressé par l’art en général.

 
   
En 2008, il y a eu 635 ventes réalisées, soit une augmentation de 4,2 % par rapport à 2007 et + 34,3 % pour les ventes supérieures à 2000 €.  
   
   
18 - Quelle est l'anecdote la plus drôle que vous ayez vécue ?  
   

L’année dernière. A l’accueil, sur le comptoir, était installé un catalogue pour que les visiteurs puissent le feuilleter avant de l’acheter. Le catalogue était attaché par un fil de pêche transparent relié à une bobine de fil afin qu’il y ait suffisamment de longueur car souvent, les personnes se le passent de l’une à l’autre. Un visiteur, discrètement, a voulu le prendre et nous l’avons récupéré dans l’allée… la bobine de fil de pêche se déroulant au fur et à mesure qu’il avançait.

 
     
 
La plus stressante ?  

 

 

C’était en 2001 ou 2002. La Mairie m’avait donné l’autorisation d’installer des panneaux akylux pour annoncer le SIAC à des dates bien précises et sur des axes bien définis dans la ville. Ces panneaux, près de 200, avaient été installés sur plusieurs nuits par mon compagnon, mon père et moi-même afin d’éviter les problèmes de circulation de la journée. Nous nous étions un peu « attrapés » le dernier jour, avec des poseurs d’affiches « sauvages » qui annonçaient un combat de boxe mais eux, n’avaient aucune autorisation municipale. 2 jours après, tous mes panneaux avaient été enlevés. Un constat d’huissier avait été établi avec information auprès du service des emplacements de la ville, dépôt de plainte, procédure devant le TG.I. puis en appel… mais j’ai perdu mon procès. Je ne le regrette pas. Depuis, la municipalité ne donne plus aucune autorisation d’affichage et je fais réaliser des affiches 4 x 3 et des abri bus. Il y en a eu bien d’autres…

 
   
   

19 - Avez-vous eu des situations embarrassantes à gérer en cours de salon ? Avez-vous des exemples ?

 
   

A ses débuts, le SIAC se déroulait au Palais des Congrès. Le plan est toujours monté d’après un « plan papier » côté mais n’était pas indiqué dessus la climatisation/chauffage et sa position. Lors de l’installation d’un stand par les techniciens, les cloisons qui font 2 m 50, ne pouvaient pas être posées car il y avait l’appareil de chauffage/climatisation qui était moins haut. Nous nous sommes « débrouillés » en installant des cloisons devant, en faisant un petit rangement derrière, en entourant un pilier en face de cloisons supplémentaires… C’était « galère » et l’artiste italienne était très mécontente et je le comprenais très bien… Finalement, tout s’est bien passé et elle a eu plus de linéaires que prévu.

 
   

Un autre gros problème en 2006. Les moquettes et tissus devaient être livrés sur le hall 1 par le fournisseur le lundi en soirée afin que les techniciens puissent dès le mardi à 7 h, commencer le montage. Le transporteur avait reçu un appel téléphonique l’informant que sa fille venait d’être hospitalisée en urgence alors qu’il était sur la route. Le camion a été immobilisé et le temps que le transporteur trouve un nouveau chauffeur, qu’il se rendre sur le lieu, etc… la livraison des moquettes et tissus ne s’est effectuée que le mardi vers 11 h du matin (au lieu de 7 h), soit 4 h pendant lesquelles les équipes n’ont pu commencer le montage du salon. Cette perte de temps s’est répercutée lorsque les exposants sont arrivés et donc, certains stands n’étaient pas finis. Mais tout était fin prêt pour l’ouverture le vendredi matin…

 
   

Je pourrais en citer encore…

 
   
   

20 - Enfin pour terminer, comment envisagez-vous le SIAC dans 10 ans ?

 
   

Ah, jeu de mots car en 2010 le SIAC aura 10 ans ! Anniversaire qu’il faudra fêter comme il se doit… Je commence d’ailleurs à y réfléchir… Trouver des animations, des nouveautés pour les exposants et pour les visiteurs. Je vais en profiter pour demander aux exposants en 2009, de me donner des idées. Ils auront pour cela, le questionnaire de satisfaction qui comporte toujours un paragraphe « Vos remarques, idées ou suggestions personnelles ».

 
   

Dans 10 ans, comment sera le SIAC ? Je n’en sais rien mais j’aurais déjà 60 ans !

 
   
   

Ève Genre, nous vous remercions d'avoir accepté cette interview qui permettra, nous l'espérons de voir le SIAC sous un autre angle.

 
   
Interview réalisée par Sépia et JérômeD.  
Mise en page par JérômeD  
Merci à Eve Genre.  
   
Galerie Phocéa http://www.galeriephocea.com  
SIAC http://www.siac-marseille.fr/  

 

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